Ville Américaine - Ville Française
J’ai eu une discussion très intéressante avec Gregory, il y a un mois environ au café Paris on the Platte. Greg, avec qui nous étions partis faire du tir sportif, a vécu deux ou trois ans en France car ses parents voyagent beaucoup.
La discussion que nous avons eu portait sur les différences entre Français et Américains. Greg a utilisé une très belle métaphore pour décrire la sociabilité des deux peuples et je vais vous la décrire ici.
Note : des précautions anti-”ouais-mais-comment-tu-fais-carrément-des-généralités-là-en-fait” sont disponibles en fin d’article ;).
La métaphore se nomme : ville Française - ville Américaine !
Chaque personne, française ou américaine, est une ville. Chaque connaissance de cette personne est appelée visiteur.
L’Américain est une ville entourée par deux murs :
- un premier qui est à l’entrée de la ville et qui n’est pas très haut. Le visiteur peut facilement le surmonter, pour entrer et sortir.
- un deuxième mur, proche du centre et très haut. La distance à parcourir pour l’atteindre est longue, c’est pourquoi peu de visiteurs y arrivent.
Le français, lui, est une ville entourée d’un seul mur

- ce mur est très haut et placé dès l’entrée de la ville. Le visiteur peut le surmonter, armé de patience et d’acharnement. Une fois de l’autre côté, il reste longtemps dans la ville.
Bon c’est bien beau ces images, mais qu’est-ce que ça veut dire ?
Les américains sont très aimables. Vraiment. Ils discutent facilement entre eux et parlent sans problème aux étrangers. En France, lorsqu’on croise le regard de quelqu’un, on ne va pas insister pour ne pas créer de gêne. Ici, les gens sourient et engagent naturellement une discussion.
Entre personnes du même âge, on devient rapidement “ami”. A tel point qu’on est devenu en un rien de temps “ami” avec beaucoup de gens du RMCAD, notre statut de “frenchies” y est pour beaucoup.
Vous remarquerez que je mets le mot “ami” entre guillemets. Car voilà la chose : s’il est facile de surmonter le premier mur américain, il en est tout autre pour le second. Je ne suis pas en train de dire qu’il n’existe pas de vraie relation amicale. Non non, nous avons de bons amis (et j’espère d’ailleurs les garder). J’ai juste l’impression que certaines relations ne vont pas plus loin que le simple “Hi” lancé à chaque rencontre …

Lors de la DNC, des protestants qui se parlent.
Entre amis intimes, les américains se font rarement la bise. A la place de cela, ils pratiquent le hug (= accolade), quelque soit le sexe des deux acteurs : d’homme à femme, de femme à femme et d’homme à homme. Je me suis demandé quelle pratique était la plus intime : bise ou accolade ?
Je parlais l’autre jour avec une lycéenne du Conifer High School et elle me disait qu’elle trouvait ça bizarre d’avoir un contact direct de la joue, une partie du visage si proche de la bouche et des lèvres. Lors d’une bise, il est vrai que les visages des deux acteurs se touchent. Qu’on se connaisse très bien ou non, on brise définitivement la “zone d’intimité”. Bien que l’accolade accorde une plus grande zone de contact, seuls les vêtements se touchent, les visages restent finalement assez éloignés.
De mon point de vue, l’accolade est moins intime que la bise.

En train de jouer à Apples to Apples à la Regency.
Entre amis moins intimes, les américains pratiquent plutôt la tape dans la main et le classique what’s up? (= Quoi de neuf ?) pour se saluer. En France, entre hommes on utilise plutôt la poignée de main pour se dire bonjour. Ici, je vois peu d’hommes se serrer la main.
Bizarrement, le handshake (= la poignée de main) est utilisée pour la rencontre. Qu’on soit un homme ou une femme, qu’on rencontre un homme ou une femme, il est poli de tendre sa main lors des présentations. My name is David + Nice to meet you + handshake est la recette parfaite pour se présenter à quelqu’un de nouveau.
Enfin, je vois très peu d’amoureux s’exposer en ville, dans les rues, les lieux publiques. Les couples, de tout âge, se tiennent timidement par la main et s’embrassent rarement. Je trouve que cela contraste vraiment avec la France, où j’ai l’impression de croiser des couples à chaque coin de rue.

Opération solidarité au RMCAD : feed the homeless.
Résumons. Les américains me semblent, dans un premier degré de relation, très amicaux, très sociables. Dans un second temps, ils me paraissent plus timides, et moins démonstratifs. Il faut aussi marcher un peu plus longtemps pour atteindre le centre de leurs villes.
Les français sont plus froids au premier abord mais une fois l’unique mur passé, une relation peut se construire. Les français sont pour moi un peu plus démonstratifs en terme de sentiment amical ou amoureux.
Il est certain qu’il me faudra plus d’un mois pour comprendre la culture américaine. Alors, je sors mon sachet de guillemets et ma boite à pincettes : je vous ai donné mon point de vue et j’ai sans doute fait des généralités concernant les Américains. Cependant, je vérifie la métaphore de Gregory chaque jour depuis la soirée au café. Je veux juste exposer mes remarques après un mois et demi passé au pays des cow-boys. J’aimerais d’ailleurs avoir des feedbacks de Goulven, Julien, Laëtitia, Alice, Chocapic, et d’autres ;).






Un article vraiment intéressant, j’avais déjà lu ce genre de “remarques”. Après comme tu le dis il ne faut pas généraliser.
14 oct 2008 à 0:00
Oui, vraiment très intéressant !
Tu ne t’es jamais retrouvé dans des situations étranges, où la personne en face de toi, pour te faire plaisir ou te mettre à l’aise, a adopté les coutumes françaises ?
14 oct 2008 à 9:24
Pas grand chose a redire, c’est vraiment quelque chose qui se vérifie au quotidien la bas.
Dans un ascenseur, a l’arrêt de bus, dans une file d’attente, c’est pas rare de voir du monde venir te raconter sa vie.
Ca doit être aussi pour ca qu’on a pas mal une image de coincé du cul snobinard en France.
En tout cas je trouve ça bien agréable cette façon d’être des ricains !
14 oct 2008 à 11:34
Benoît > non pas encore ^^
14 oct 2008 à 21:11
Je pense que tout est dit dans cet article! La métaphore est pas mal je trouve!
On arrivant dans ma résidence, j’ai rencontré pas mal de voisins qui m’ont raconté presque leur vie en détails, mais après 2 mois, il n’en reste plus qu’un que je vois assez régulièrement.
Au niveau des autres étudiants, pour le moment, on est toujours proche puisqu’on se voit régulièrement, mais après les vacances de Décembre, je sais pas comment ça va se passer si on est plus dans les mêmes classes, par exemple.
15 oct 2008 à 4:23
Ok ! Moi non plus remarque !
15 oct 2008 à 8:05
Tout est dit et je confirme. Ton article résume très bien ce que je ressens moi aussi. J’apprécie d’ailleurs cette facilité lors de la rencontre. Les premières poignées de mains ont été assez bizarres à donner au début mais on se fait finalement assez vite au “My name is Laetitia + Nice to meet you + handshake” :D A savoir qu’après avoir franchi le “second mur” dont tu parle, les gens deviennent beaucoup plus “tactile” (et oui moi aussi j’ai une boite à guillemets :D) et chaleureux. D’accord aussi en se qui concerne les couples qui semblent très pudiques à l’idée de s’afficher dans les endroits publics. Je comprends maintenant pourquoi nous sommes catalogués comme les gens “romantiques” :D
Bref article très intéressant :D
15 oct 2008 à 20:20
Laëtitia > c’est vrai que je trouve aussi les américains plus tactiles que les français, et ça va dans le sens des hug : ils ne sont pas gênés de toucher des parties du corps (épaules et bras surtout) avec leurs mains
15 oct 2008 à 21:57